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C'est quoi le flash ?
Le flash est une source lumineuse qui se déclanche lors de la prise d'une photo. La puissance d'un flash s'exprime en Nombre Guide (NG) mais ce n'est pas forcement intéressant pour l'instant. Les appareils modernes ont un système qui adapte la puissance du flash par rapport a la scene photographié (TTL). Mais ca aussi ce n'est pas forcement interessant pour l'instant. On partira du principe que votre appareil est équipé de ce système ou d'un équivalent
Si vous lisez cet article c'est grâce à Mélina Barrals qui a écrit tout une série d'article sur le Flash et ses possibilités. Merci à Mélina qui m'a autorisé a reproduire et a adapter un article d'introduction a l'utilisation du Flash qu'elle a réalisée pour le Forum Instant Capturé. Une fois que vous aurez assimilé cet article n'hésitez pas a aller sur le site de Mélina ou vous trouverez tout ce qu'il faut pour vous perfectionner. Pour pouvoir comprendre cet article il faut avoir compris la sensibilité ISO, l'ouverture, la vitesse d'opturation. Je vous laisse maintenant dans les mains de Mélina qui va d'abord se présenter. A toi mélina
Bonjour. Je suis photographe amatrice par luxe (ne faire que ce dont j'ai envie), Canoniste par habitude, argentiste et numériste, bavarde mais pudique, et débutante depuis plus de vingt ans!. Je m'intéresse à toutes les disciplines de la photo mais je pratique essentiellement du portrait, du reportage et de la nature morte... avec une très nette attirance pour les images en N&B. Je vais essayer de vous expliquer simplement comment tirer un peu plus de votre Flash
Pour reproduire les exemples de cet article vous aurez simplement besoin d'un appareil photo muni d'un flash intégré ou externe. Malheureusement, les possesseurs de compact "Automatique" ou vous n'avez pas accès aux réglages de l'ouverture, de la sensibilité et de la vitesse d'opturation, ne pourront pas reproduire ces exemples ni arriver au même résultat (pas simplement en tout cas). Donc pour suivre cet article il vous faut un compact expert, un bridge ou un reflex ou vous avez un mode manuel et le top du top un réglage de la correction d'exposition du flash
Le flash ça fait des photos fromage blanc sur fond noir
Le flash ça fait des ombres moches
Le flash ça fait un éclairage plat et froid
Le flash ça fait des yeux rouges
Le flash, j'arrive pas à en tirer ce que je veux (pourtant j'ai le plus cher de la série)
Si vous avez un jour pensé une des phrases ci-dessus alors cet article devrait vous aider à changer d'avis et à commencer à comprendre ce que vous faites, bref à prendre le contrôle de votre matériel et lui imposer ce que VOUS voulez et pas le laisser râter les photos à votre place. On va d'abord parler de l'exposition du flash et de la lumière ambiante.
Photographier sans flash, c'est prendre des photos avec une seule source de lumière : la lumière ambiante.
Celle-ci peut être naturelle (soleil) ou artificielle (éclairage domestique ou public) et sa principale caractéristique est que vous ne pouvez pas agir sur son intensité. Vous la subissez, un point c'est tout.
C'est pour cela que vous réglez les paramètres d'exposition de votre boîtier (vitesse, diaphragme, sensibilité ISO) de manière à atteindre une exposition correcte pour la scène à photographier. Si vous pouviez régler l'intensité de la lumière du soleil au moyen d'un gros variateur style lampadaire halogène vous auriez
probablement un appareil photo sans aucun réglage de vitesse, ni sensibilité
ISO, ni diaphragme et il suffirait d'agir sur le variateur d'intensité pour faire allumer une diode verte sur le boîtier indiquant que la lumière ambiante est au bon niveau pour prendre la photo.
Selon le mode d'exposition dans lequel vous travaillez, vous avez une capacité partielle ou totale d'influencer la quantité de lumière ambiante capturée par votre capteur.
Dans les modes automatiques priorité ouverture (Av ou A), priorité vitesse (Tv ou S), programme (P) votre appareil fait tout ce qu'il peut pour atteindre automatiquement l'exposition correcte pour la scène photographiée en se basant sur les paramètres que vous lui imposez et sur la mesure de lumière faite par le posemètre intégré à l'appareil. Vous ne disposez que du réglage de correction d'exposition pour faire varier de manière limitée l'exposition à la baisse (sous-exposition jusqu'à -2IL généralement) ou à la hausse (sur-exposition jusqu'à +2IL).
Dans le mode manuel (M), votre appareil ne décide de rien et vous réglez directement sensibilité, vitesse et diaphragme. Libre à vous d'atteindre l'exposition correcte.... ou pas (sous/sur exposition presque sans limite).
En première conclusion (à retenir), on peut donc considérer nos paramètres d'exposition vitesse, diaphragme, sensibilité (et correction d'exposition pour les modes autres que M) comme l'équivalent d'un gros variateur d'intensité de la lumière ambiante. En agissant sur eux, c'est tout comme si on faisait varier l'intensité de la lumière qui tombe sur la scène photographiée. Ce premier fait va nous servir car dès qu'on va allumer notre flash on va se retrouver avec deux sources de lumière (ambiante + flash) et on cherchera justement à les équilibrer l'une par rapport à l'autre et il nous faudra des moyens de le faire sur l'une sans perturber l'autre (autant que possible).
Oublions la lumière ambiante pour l'instant et considérons notre flash.
Sa principale caractéristique, c'est que contrairement à la lumière ambiante, l'intensité de l'éclair envoyé par le flash va être adaptée par son automatisme afin (d'essayer) d'atteindre l'exposition correcte pour le sujet photographié. Le sujet photographié est 99,9% du temps situé au tout premier plan de l'image.
Vous ne disposez que d'un seul moyen de modifier le comportement de cet automatisme c'est la correction d'exposition du flash (à ne pas confondre avec la correction d'exposition tout court).
NB : en anglais la correction d'exposition du flash s'écrit "Flash Exposure Compensation" et s'abrège FEC. J'utiliserai souvent cette abréviation par la suite (notamment dans les images d'illustrations) donc ne soyez pas surpris(e).
La correction d'exposition du flash permet de faire varier l'exposition du flash à la baisse (sous-exposition de -2 voire -3IL) ou à la hausse (sur exposition de +2 voire +3IL). Vous pouvez la régler soit via les boutons situés au dos du flash si votre modèle le permet (voir le manuel) et/ou directement depuis le boîtier
En deuxième conclusion (à retenir également), on peut donc dire que la correction d'exposition du flash est le seul moyen dont on dispose pour faire varier l'intensité de l'éclair du flash
Arrivée à ce stade, vous vous demandez sûrement si le fait de modifier un des réglage de sensibilité ISO, diaphragme ou vitesse sur le boîtier modifie l'exposition de l'éclair délivrée par le flash; la réponse tient en un mot : NON.
De même, vous vous demandez si le fait de modifier le réglage de correction d'exposition du flash agit sur la quantité de lumière ambiante capturée dans l'image; la réponse est encore une fois NON.
Ceci nous amène donc à notre conclusion générale pour cet épisode (avant de passer à une mise en pratique) :
Quand on photographie une scène avec le flash allumé, on va donc devoir faire des réglages pour capturer une quantité donnée de lumière ambiante et une quantité donnée de lumière du flash en faisant ce qu'il faut pour que ces deux sources de lumière fournissent une exposition correcte sur notre sujet/scène photographié(e) et en faisant en sorte que le rapport entre ces deux sources de lumière soit harmonieux ou artistique, bref corresponde à ce qu'on voulait faire.
Pour modifier l'intensité de la lumière ambiante on agira sur le trio sensibilité/diaphragme/vitesse.
Pour modifier l'intensité de la lumière du flash, on agira sur la correction d'exposition du flash.
Si vous avez compris ça, vous avez compris la plus grosse partie de la subtilité de la photo au flash
On va mettre en évidence ce qui précède en prenant une série de photos au flash et en faisant varier nos paramètres pour agir sur la lumière ambiante et/ou le flash.
Placez vous avec votre modèle dans une pièce assez grande (un salon d'une quinzaine de m2 sera parfait).
Le mieux est de faire les tests en fin d'après-midi ou en soirée afin de ne pas avoir trop de lumière naturelle parasite qui entre par les ouvertures (ou alors baissez les stores et/ou fermez les volets).
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Mettez vous dos à un mur, placez votre modèle deux ou trois mètres devant vous et allumez une seule lampe à l'autre bout de la pièce (donc dans le dos de votre modèle) sans que celle-ci soit cachée par le modèle. Vous devez donc pouvoir cadrer toute la pièce avec votre modèle au premier plan et la lampe au fond.
Votre modèle est donc à contrejour, c'est typiquement le genre de situation de photo en intérieur où on allume le flash pour faire la photo.
Allumez boîtier et flash Placez le boîtier en mode M.
Assurez vous que la correction d'exposition du flash est sur 0 pour débuter. Si votre flash est externe et orientable laissez le à la position standard orienté droit devant.
Réglez la sensibilité de votre appareil sur la valeur minimum. (100 ou 200 ISO).
Réglez le diaphragme sur une valeur standard F/8.
Réglez la vitesse sur 1/180 ou 1/200 pour commencer.
Prenez une première photo. Vous devez obtenir l'archétype de la photo au flash qu'on obtient en mode tout auto (carré vert), c'est à dire un modèle blafard sur un fond noir ou assez sombre (selon la taille de la pièce), avec des ombres digracieuses bref un truc dans le genre de la photo à côté
Le flash a fait son boulot : il a exposé le sujet au premier plan à peu près correctement.
Pour ce qui est de l'arrière plan, ce sont les paramètres d'exposition du boîtier qui ont déterminé quelle quantité de lumière ambiante a été capturée dans l'image : presque rien. Pour vous en convaincre, éteignez le flash et prenez une seconde photo sans rien modifier, vous obtiendrez normalement une photo toute noire ou presque. |
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On va maintenant faire "monter l'ambiance" comme on dit, c'est à dire qu'on va modifier les paramètres d'exposition du boîtier (sensibilité/diaph/vitesse) de manière à permettre à plus de lumière ambiante d'être capturée dans l'image.
Laissez le flash éteint pour le moment.
A présent augmentez la sensibilité ISO d'un cran (200 ou 400 ISO) et prenez une photo de test et voyez si vous commencez à percevoir des éléments de l'arrière-plan de la scène photographiée dans l'image obtenue. Recommencez l'opération avec la sensibilité ISO suivante (ex : 400 ou 800 ISO).
Vous atteindrez probablement les 800 ou 1600 ISO sans que l'exposition de l'arrière-plan soit correcte donc vous pouvez également ouvrir progressivement le diaphragme et abaissez la vitesse jusqu'à obtenir une exposition à peu près satisfaisante pour l'arrière plan.
Par exemple vous aurez peut-être la séquence suivante (j'ai mis en gras le paramètre qui évolue à chaque étape) :
100 ISO 1/200 F/8 (c'est tout noir ou très sombre),200 ISO 1/200 F/8,400 ISO 1/200 F/8,800 ISO 1/200 F/8,
800 ISO 1/100 F/8,
800 ISO 1/50 F/8,
800 ISO 1/50 F/5,6, 800 ISO 1/50 F/4,
800 ISO 1/50 F/2,8 (sujet à contrejour devant un arrière plan correct)
Arrivée à ce stade vous avez une photo de l'arrière-plan à peu près bien exposé avec un sujet à contrejour totalement bouché.
La même chose en images (désolée pour la qualité, c'est du GIF animé) : |
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Refaites la même séquence mais avec le flash allumé.
Vous allez voir que pendant toute la séquence, l'exposition du sujet par le flash est correcte et indépendante des réglages de sensibilité/diaph/vitesse que vous faites pour jouer sur l'intensité de la lumière ambiante.
En fin de séquence vous avez donc une scène à peu près bien exposée, que ce soit pour l'arrière plan éclairé par la lampe ou pour le sujet au premier plan éclairé par le flash. C'est encore moche mais c'est à peu près bien exposé.
Vous devriez avoir une série de photos qui donne un truc dans ce genre là:
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A présent, faites varier progressivement la correction d'exposition à la baisse en prenant une photo de test à chaque fois : vous allez voir que l'exposition de votre sujet va diminuer sans que celle de l'arrière-plan en soit affectée (sauf si votre pièce est vraiment petite comme c'est mon cas dans les exemples ci-dessous).
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Revenez à la correction d'exposition du flash à 0 et partez à la hausse : votre sujet devient de plus en plus cramé mais l'arrière-plan n'est pas vraiment affecté par cette variation (sauf dans mon cas où j'ai fait ça dans une pièce vraiment petite).
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Ce premier épisode théorique et pratique vous aura permis de comprendre comment influencer la lumière ambiante que vous capturez et comment influencer la lumière du flash que vous envoyez sur le sujet.
Nous avons travaillé en mode manuel du boîtier car c'est celui qui nous donne le meilleur contrôle sur l'exposition des différents éléments de l'image. On évoquera plus tard comment on peut éventuellement travailler avec les autres modes automatiques ainsi quelques particularités du matériel Canon.
N'hésitez pas à poser des questions si quelque chose ne vous semble pas clair.
Encore Merci a Mélina pour son très bel Article
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